Associer les données de crawl et les statistiques Google Analytics

Guillaume ? Ouais, Guillaume. Je laisse aujourd’hui la place à Guillaume (vous l’avez compris), l’une des mes pointures, un collègue de mon agence aimant statistique et finesse SEO. Il manie finement la souris pour votre plaisir.

Ah les statistiques Google Analytics, ce monde merveilleux. Le monde du SEO commence de plus à plus à s’intéresser au traitement et à l’analyse de données. Comme Aurélien Berrut le fait très bien remarquer, travailler sans croiser les données c’est « faire du SEO à l’aveugle ». C’est ce qui a été fait pendant bien longtemps mais maintenant que les actions de SEO doivent être de plus en plus précises, il est important de savoir ce que l’on fait.

Il y a déjà quelques semaines, Screaming Frog, un des meilleurs outils de crawl du marché est passé à sa version 5.0. Parmi les nombreuses nouveautés on notera surtout celle qui nous intéresse, la possibilité de mixer les données issues du crawl avec celle de Google Analytics directement depuis l’interface du logiciel (et de Search Console également, l’ex-Google Webmaster Tools).

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Auparavant si vous souhaitiez faire cette action il était nécessaire de faire un export des données de Screaming Frog, d’exporter ses données de Google Analytics et ensuite de faire correspondre les deux avec une fonction « RECHERCHEV » (et on ne va pas se lancer dans une explication détaillée de cette fonction tellement il y a de choses à dire). Aujourd’hui si vous voulez ces informations rapidement il vous suffit de connecter Screaming Frog à votre compte Google Analytics et de lancer votre crawl.

 

L’intérêt de combiner ses données

 

Alors j’en vois déjà venir, les bras pleins de questions, mais à quoi ça sert ? J’avais déjà les données avant ça ne change rien.

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En combinant ces données vous pouvez savoir d’un seul coup d’œil quels sont les pages qui ne fonctionnent pas sur votre site. Il suffit de regarder les pages qui ne reçoivent pas de trafic. Avec Google Analytics vous ne voyez que les pages qui obtiennent du trafic, avec Screaming Frog vous voyez toutes vos pages. En combinant les deux vous avez donc les pages qui n’apparaissent pas sur Google Analytics puisqu’elles ne font pas de visites.

Une fois que vous les avez isolés vous pouvez rapidement voir si des éléments techniques sur la page sont à revoir. Vous avez directement accès au titres de la page, au nombre de mots, ou encore le nombre de liens sortant. Toutes ces informations peuvent vous aider à faire un diagnostic de la page et donc à comprendre pourquoi elle n’obtient pas de trafic.

En configurant Screaming Frog vous pouvez choisir assez précisément quels types d’informations vous souhaitez visualiser. En pratique on peut s’intéresser au trafic en provenance de Toutes les sessions mais je conseillerais davantage de se focaliser sur le Trafic en provenance des résultats naturels. Puisqu’après tout nous nous intéressons principalement au SEO. Vous pouvez également choisir de ne vous intéresser qu’aux pages de destination.

Dans ce cas-là, c’est absolument merveilleux, vous savez combien de visites ont été obtenues directement depuis un résultat de recherche sur chacune de vos pages.

 

Aller encore plus loin dans l’analyse

 

Alors oui vous pouvez vous contentez des données obtenues grâce à Screaming Frog, et c’est très bien. Il y a déjà beaucoup à analyser uniquement avec ces données. Mais si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez faire un export « à l’ancienne » et coupler les données de Google Analytics avec plus d’une seule période. Dans ce cas-là vous pourrez voir l’évolution du trafic des pages.

C’est particulièrement intéressant dans le cas d’un site ayant connu une grosse perte de trafic à un moment précis. Vous pouvez ensuite trier les données selon les pages qui ont perdues le plus de trafic entre deux périodes. Parce-que ne nous voilons pas la face, sans ça vous auriez uniquement regardé les pages à faible trafic. Pourtant une page peut avoir perdu énormément de trafic sans pour autant être reléguée au fin fond de vos statistiques. Il est donc important de s’en rendre compte assez vite pour prendre des actions rapidement.

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Vous pouvez vous intéresser aux éléments techniques de vos pages, aux statistiques, mais n’oubliez tout de même pas les données de linking. Autant il est possible de faire calcul du Page Rank à la main (calcul du poids d’un lien, avec Gephi par exemple), autant vous pouvez récupérer le Trust Flow (l’indicateur de Majestic) de chacune de vos pages pour pouvoir juger de la pertinence de votre maillage interne.

 

Etant donné que le Trust Flow de Majestic se déplace dans les pages de votre site d’une façon similaire au PageRank vous pouvez voir facilement si une page à peu de liens internes (ou externes) et voir l’impact que cela peut avoir sur votre site. Elle est pas belle la vie ?

Les possibilités d’analyse de données sont très nombreuses, à partir du moment où vous avez une source de données qui vous donne des informations sur une URL vous pourrez la rajouter à ce tableau. On peut donc intégrer les données de positionnement de Google Search Console ou SEMRush (voire les deux si vous êtes courageux 😉 ).

Dans ce cas-là vous pouvez noter le nombre de mots-clés sur lesquels la page est positionnée, la position moyenne ou bien encore le volume de recherche moyen de l’ensemble des mots-clés. Ainsi vous pouvez organiser

Vous pouvez également faire un suivi dans le temps en faisant des exports réguliers pour observer les changements dans les différentes KPI que vous avez choisis.

Non seulement il y a de très nombreux outils qui peuvent vous apporter de la donnée, mais pour chaque outil vous devez choisir les données qui vous intéressent.

 

Rester concentré sur les données importantes

 

Ne perdez jamais à l’esprit vos objectifs quand vous commencez à analyser vos données. On se retrouve très rapidement face à de nombreuses lignes et colonnes sur un grand tableau avec du texte et des chiffres dans tous les sens. On peut très rapidement se sentir accablé si on ne sait pas ce que l’on cherche.

Data, data everywhere

Il y a déjà beaucoup de données dans un rapport de Screaming Frog, mais en ajoutant des données supplémentaires vous augmentez vos chances de perdre de vue vos objectifs.

Mon conseil ? Réfléchissez bien avant de vous lancer. Vous ne vous intéresserez pas aux mêmes choses pour analyser votre positionnement que si vous vérifiez la réussite d’une stratégie de contenu. Chaque besoin demande des données différentes et vous devez donc choisir vos KPI avec soins.

Plus particulièrement vous devez savoir ce qui se cache derrière une donnée. Vous aurez beau avoir le plus beau tableau du monde, si vous ne savez pas ce qui se cache derrière le Trust Flow ou le taux de rebond votre tableau ne servira à rien.

Vos données sont votre outil de travail mais vous n’en ferez rien sans un cerveau pour analyser.

 

Pour limiter le nombre de cellules visibles à l’écran vous pouvez en profiter pour filtrer et trier vos données. Non seulement cela permet d’ajouter en clarté mais aussi de faciliter votre analyse. Vous pouvez par exemple ne vous intéressez qu’aux pages ayant perdu du trafic et ayant peu de liens externes.

Pour aller vraiment plus loin vous pouvez passer par un tableau croisé dynamique et là encore démultiplier les possibilités. Le sujet mériterait d’être traité entièrement dans son propre article.  Pour faire simple, un tableau croisé dynamique vous permet de synthétiser un tableau complexe en vous focalisant sur des points-clés.

L’analyse via le tableau croisé dynamique peut vraiment permettre de faire apparaître des informations qui jusque-là auraient été impossible à voir. Le fonctionnement peut paraître très compliqué à première vue mais il suffit de comprendre la logique sous-jacente pour au final s’en servir comme d’un véritable couteau-suisse.

couteau suisse

Il est évident qu’un tour d’horizon complet des possibilités offertes par Screaming Frog et tous les autres outils fournissant des données serait encore plus long. J’espère que cet article donnera envie à d’autres de combiner eux-mêmes les données de leur site web pour en tirer le maximum.

 

7s Commentaires à “Associer les données de crawl et les statistiques Google Analytics”

  1. Intéressant cet article ! Je me permets de préciser que la connection à l’API Google Analytics n’est possible qu’avec une licence premium de Screaming frog ;).

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  2. Merci pour cet article, très intéressant et enrichissant! 🙂 ça m’a donné envie de passer la certification google tout ça…

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  3. Je ne savais pour connecter son site avec crawl, il faut avoir un compte premium, google va nous tuer!

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  4. En ce qui me concerne, je me retrouve vite à devoir faire un export quand même, souvent on à besoin de croiser des données qui ne sont pas dans analytics (cube de vente, outils interne…). Mais c’est vrai que pour celui qui injecte vraiment tout dans son analytics c’est surement très pratique !

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