HADOPI : Que penser de la nomination d’Eric Walter ?

Depuis quelques mois, on parle un peu moins de la HADOPI. Et pourtant, ça continue de bouger. D’après les informations du jour, c’est Eric Walter, membre de l’UMP, qui prendrait le poste de secrétaire général. Que penser de cette nomination entre amis ?
Eric Walter : Internet, il connait
Eric Walter, c’est un peu l’inconnu du grand public. Pourtant, il s’agit d’un connaisseur des nouvelles technologies. Il était temps. Parce qu’à force de nous placer des incompétents ignorants et de surcroît bornés, j’allais finir par aller chasser un lama pour le proposer ensuite à Sarkozy et Fillon en guise de nouveau conseiller. Du coup, je range mon fusil. De toute façon, il ne sert plus à rien, Albanel a été dégagée comme une malpropre à défaut d’avoir démissionné.
On nous avait alors dégoté deux autres incompétents pour s’occuper du projet HADOPI, j’ai nommé Frédéric Mitterrand et Michèle Alliot-Marie. C’était pas la gloire, et ils ont d’ailleurs préféré s’abstenir de parler que nous donner une leçon de pare-feu chez Open Office. Ils ont bien fait.
Place maintenant à la peut-être nouvelle tête de turc, Eric Walter (bien que celui-ci soit bien Français). Auparavant, il était conseiller des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) au ministère de l’Intérieur jusqu’en 2007 et s’était occupé de la campagne Internet de Nico lors des présidentielles. Autant dire que ce n’est pas un noob, et d’ailleurs, il a l’air de bien aimer les blogs (surtout quand on parle de l’UMP, tout en étant un sympathisant).
Avec un peu de chance (ou pas), il se délectera de cet article. En tout cas, je décerne un bon point sur ce côté là. Ce mec, à défaut d’avoir de bonnes idées, a l’avantage d’être un minimum connaisseur. Je ne connais pas son degré de compétence, mais il doit bien avoir quelques connaissances. C’est déjà pas mal, il ne faut pas en demander trop au gouvernement actuel.

HADOPI, un organisme ultra-politisé
Par contre, là où j’arrête de distribuer des bons points pour donner des baffes, c’est sur ce point. Bien évidemment, Eric Walter est bien plus qu’un membre UMP, mais un mec suivant et obéissant aux ordres de sa majesté depuis des années. Dans le fond, c’est assez logique de nommer un bon gros UMPiste, c’est la vie mon cher Gérard, et c’est la même au niveau local. Simplement, je trouve assez répugnant le fait de me dire que cet organisme là est ultra politisé, même si, je le souligne encore, c’est dans la logique même de la démocratie bananière dans laquelle nous nous trouvons.
Du coup, en cas de flop complet, on peut s’attendre à ce que la HADOPI engloutisse des millions sans aucun retour. C’est un peu la logique de l’âne et de la carotte, avec d’un côté Eric Walter et au bout du bâton la bible UMP.
Comme à chaque élection, si le vent tourne, il va y avoir un gros jeu de chaise musicale. D’ailleurs, j’attends clairement la gauche sur la poursuite de la HADOPI en cas d’élection positive en 2012…
Crédit photo : Hamed Saber
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2 mars 2010 à 14 h 17 min
ha ben c’est bien la première fois que je lis un billet aussi politique et bien senti sur le sujet sur un blog high-tech
2 mars 2010 à 16 h 49 min
Merci
C’est vrai que c’est politique, mais ça touche clairement Internet et son avenir. C’est un sujet important, lié aussi à notre activité et à nos préoccupations. En tout cas je l’espère et je le crois.
Même si en ce moment, la HADOPI est complètement passée de mode, mais n’oublions pas que la machine se met doucement en route
2 mars 2010 à 18 h 21 min
à vrai dire c’est ta conclusion qui m’a bien scotché car même dans les médias classiques je n’ai pas vu évoquer le sujet. Bon en même temps c’est pas ma passion, je trouve qu’il y a bien plus urgent à réformer que les droits d’auteurs dans la société … mais il est clair que la façon dont le dispositif est passé au forceps laisse envisager qu’il n’aura pas de suite, un peu à l’image de ce que la droite pense des 35 heures … une preuve encore pour ceux qui jouent les blasés : oui, la politique c’est la société et oui, ça touche à nos vies !
2 mars 2010 à 18 h 35 min
On a été tellement aveuglés par la mise en place des pseudos incompétents de chez Hadopi, qu’on en viendrait presque à les féliciter de placer quelqu’un qui saura où taper…
Dès qu’ils s’en attribueront les moyens…
Il n’y a plus qu’à en confirmer un peu plus sur la vie du personnage, pour dégager qu’il a déjà piraté une bonne centaine de films, des milliers de MP3, que megaupload, il connait aussi bien que nous, et que le VPN, il l’utilise tous les jours au bureau, pour tromper les filtres de l’Elysée !
Bref, Hadopi vise pour l’instant le p2p (qui est has been), mais l’organisme a déjà le mouchard dans les bacs, s’intéresse de près aux blogs, avec pleins d’élus prêts à dire que les blogs sont un danger s’ils ne sont pas contrôlés !
(Ou à ouvrir des plates formes de blogs sponsorisés par l’UMP…)
Un simple pion (comme tous les autres) que ce Eric Walter, qui attirera sans doute un peu moins les foudres que tous les autres. (En même temps l’opinion publique est déjà endormie, il n’y a pas besoin de mieux…)
Besoin d’un avis plus complet et d’un peu de recul maintenant sur le personnage, pour voir ce qu’il sera capable d’accomplir. Keeg, tu as pas un article parlant du bonhomme sous la main ?
Je ferai des recherches en attendant
2 mars 2010 à 18 h 42 min
@Simon Absolument, et je n’ai pas encore entendu un mec de gauche dire « si j’arrive au pouvoir, HADOPI c’est fini ». Il s’oppose clairement, et ils ont fait ce qu’ils ont pu. Bravo à eux. Mais j’aimerai avoir leur avis sur la suite en cas d’élection.
@Kcnarf J’ai pas mal fouillé pour en savoir plus sur lui, mais je n’ai pas eu grand chose à me mettre sous la dent, j’ai exploiter ce que j’ai pu au travers de son parcours.
C’est vrai qu’on manque de recul pour l’instant, et comme tu le soulignes, ce ne sera sans doute qu’un pion qui ne sera là que pour appliquer la doctrine gouvernementale.
2 mars 2010 à 22 h 37 min
Je crois plus, en effet, à la conclusion de ta réponse ci-dessus, Keeg … Hélas …
3 mars 2010 à 1 h 13 min
Ce sont des lois (ou projets de loi) liberticides que l’on nous fais avaler comme un nourrisson avale son lait, sans poser de questions, depuis quelques années déjà.
Hors, ne pas oublier que la loi, que le droit a pour but de régir les rapports des hommes en société, de permettre à chacun de jouir de ses libertés sans entraver celles des autres.
Cela est totalement inconstitutionnel (loi de juillet 2008 qui a révisé le mode de saisine du Conseil constitutionnel ne nous servira pas à grand chose car il faut être politisé pour le saisir et les enjeux politiques du moment semblent être tourné vers le liberticide, justement).
Dernière précision : différence entre « projet de loi » et « proposition de loi » : le projet émane du gouvernement (qui actuellement, hors cohabitation, ne fais rien sans la « bénédiction » de notre bon président, contrairement à ce qui est indiqué dans notre Constitution), la proposition émane quant à elle du Parlement (qui a vu ses pouvoirs se faire limiter de par la prépondérance gouvernementale, gouvernement dominé actuellement par notre bon président).
3 mars 2010 à 1 h 38 min
Allons savoir ce que la gauche pourra faire dans ces coups de temps là…
Pour l’instant, la scène politique me fait cet effet là :
Une fois qu’une loi est proposée, peu importe l’opposition qui est formulée, et/ou son ampleur, elle arrive à passer, en deux temps si nécessaire (Hadopi 2, Loppsi 2).
Comme si une fois suggérée, elle était déjà acceptée.
Sur que ça va faire la même avec le juge d’instruction.
Regardez le débat débile autour de cette proposition. Alors que la question devrait-être :
Que va apporter cette loi ?
On transforme la discussion en débat stérile :
Doit-on la voter ou pas ?
C’est une belle porte ouverte au schéma du mouton. Différents cas possibles :
1/ Le leader donne quelques arguments, pas toujours valables, mais en insistant bien sur le coté A.B.S.O.L.U.M.E.N.T nécessaire de cette loi, qui d’ailleurs résoudra la pauvreté dans le monde et la guerre au moyen Orient.
2/ Le politique mouton qui est du même parti que son leader, ne sent pas l’âme d’un leader, mais préférera voter la même chose que lui pour ne pas perdre sa place ou sa crédibilité au sein du parti. (Le tempérament « marche ou crève » de notre président n’y est pas pour rien.)
3/ L’opposition qui voudra glaner des voix pendant le « débat », mais sans chercher vraiment à faire tomber cette loi. Plutôt faire de beaux discours devant la télé pour récupérer l’électorat. Personne ne viendra vérifier ce qu’ils ont voté de toute manière.
4/ L’opposant modéré qui est dans le parti à l’origine de la loi. Celui-ci est sans doute le plus utile de tous, mais il est réellement efficace dans les domaines qu’il connait bien -et ils sont relativement limités-. Ce qui limite son influence, et diminue sa crédibilité sur tout autre domaine que son domaine de prédilection.
Une belle perte d’efficacité, une réflexion en profondeur absente, pour encore de belles batailles de chiffonniers comme ils ont su nous y habituer à l’assemblée nationale. =)
Le pire étant les gens faisant des réflexions du type : « oui mais vous avez choisi de voter pour eux ».
Oui, seulement il y a deux choses à prendre en compte.
On n’est pas responsables de ce qu’ils décident de faire APRES leur élection.
Il faut donc voir clair dans le jeu de notre politicien, ne pas se référer qu’à son programme avant de voter (Sarko avait bien compris qu’on y arrivait pas, c’est pourquoi il a tout promis.)
En plus de ça, il faut que ceux qui savent voir à travers le jeu du politicien en question puissent avoir l’envie, le charisme, et au moins la puissance politique et médiatique nécessaire pour pouvoir convaincre l’électorat de changer candidat. (Difficile de ne pas passer à ce moment là pour un simple opposant hurlant au loup face aux belles promesses politiques)
Dur dur la politique
3 mars 2010 à 20 h 13 min
Effectivement, dur la politique. Le problème que tu soulèves est clair, et l’explication est assez simple. Dans notre « démocratie », on ne choisi et se prononce réellement qu’une fois toute les X années. C’est très limité pour une démocratie finalement. Aussi, les institutions sont fait de telle sorte que les contres pouvoirs sont légers, laissant complètement le champ libre au pouvoir en place, même si contre-temps il y a.
8 mars 2010 à 11 h 32 min
On verra en 2012 ce que la gauche fera si ils passent ! Mais ya Villeppin qui met de la poudre aux yeux des ménagères ce sera pas facile pour le PS !