L’idiot du mois : l’INA et son double jeu

Si il y a bien un institut sur lequel on peut se fendre la poire ce mois-ci, c’est bien l’INA. L’Institut National de l’Audiovisuel s’est embourbé sur deux affaires sur le net… et le paradoxe et saisissant. Au final, l’INA en a pris deux fois plein la gueule. C’est le grand vainqueur du prix de l’idiot du mois.
Affaire numéro 1 : l’INA pour plainte contre Youtube
L’INA est assez drôle. Afin de lutter contre le contenu vidéo protégé, l’Institut National de l’Audiovisuel souhaitait imposer à Youtube l’utilisation de sa technologie d’empreinte vidéo. Cette technique permet théoriquement d’éviter de voir apparaitre sur Youtube des vidéos qui ne devraient pas si trouver pour cause de droit d’auteur. Youtube possède bien évidement un outil de sa type, mais l’INA est convaincu que sa technologie, « signature », et largement plus évoluée.
On commence déjà à rigoler quand on voit que l’INA veut imposer sa technologie de filtrage vidéo à Youtube. Et on rigole d’autant plus quand on sait que cette technologie, « Signature », est payante !
Bilan : La justice déboute l’INA dans son opposition à Youtube.
Affaire numéro 2 : INA met à disposition des vidéos sans en avoir le droit
Dans le même temps, et là on se marre sévère, on apprend que l’INA admet avoir mis en ligne sur son site Internet un paquet de vidéos sans avoir consulté les ayants droits. et il s’agit d’un GROS paquets de vidéo puisque 200 000 spots publicitaires seraient concernés ! L’INA n’a strictement aucun droit sur ces vidéos.
L’INA a décidé d’opter pour la solution suivante : Lors de la première contestation sur une vidéo précise, le sport sera retiré du site Internet de l’INA. Tiens, mais ce n’est pas le fonctionnement de Youtube ça ?
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7 juillet 2009 à 14 h 50 min
Il est bien évidemment normal que l’INA archive tout ce qui passe, c’est son boulot. Par ailleurs, elle mettait jusqu’à présent à disposition une grosse partie de son catalogue en ligne moyennant paiement.
Si je ne m’abuse, l’affaire des vidéos mises en ligne sans l’accord des ayant-droits est partie d’une série de publicités, mises en ligne par l’INA (un peu à la manière du site Culture Pub : ont-ils acquis tous ces droits ? Qui les emmerde, eux ?). Or, puisque c’est à la mode en ce moment, ces gros blaireaux de publicitaires ont réclamé que l’INA leur reverse des droits de diffusion sur des éléments pour lesquels ils payent habituellement pour qu’ils soient diffusés. On rappelle le coût exorbitant d’une seconde de publicité à la télé (peut-être l’explication de leur qualité).
Pour ce qui est du reste, l’INA s’est probablement cru meilleur que les autres avec son système. Il ne me semble pas que le fonctionnement interne de tous ces systèmes d’empreinte soient publics ; difficile de juger de la qualité de moteur d’une voiture quand le mécano ne peut pas ouvrir le capot.
7 juillet 2009 à 15 h 08 min
J’ai lu pas mal de personne qui avait globalement la même analyse que toi sur les publicitaires et la diffusion de leurs produtions, et je globalement assez d’accord. Mais c’est une question beaucoup plus complexe que le simple fait du payeur donc non-payé. Une oeuvre, payante ou payée a une valeur, et qui plus est dans le monde actuel à ce niveau là, où tout est bon pour gratter du pognon.
Une femme qui n’a jamais dénoncé son viol à le droit de le faire, même quelques années après. C’est le même cas pour la publicité. D’ailleurs, je suis complètement d’accord avec ces pratiques, tout comme je donne maintenant mon accord total à HADOPI. Non, je déconne sur ce paragraphe.
Dans cette histoire, l’INA n’est pas non plus très clean, et le paradoxe me semblait intéressant. L’INA a ouvert la bouche (affaire Youtube), certains en ont profité (affaire pub).
8 juillet 2009 à 17 h 29 min
Enorme !
9 juillet 2009 à 15 h 41 min
@Hoggins : Culture Pub a l’autorisation des auteurs pour la diffusion des publicités.
On n’acquiert pas forcément les droits contre menue monnaie … on peut aussi les demander gentiment
9 juillet 2009 à 16 h 54 min
Exact.